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Par : PRINCIPAL
Publié : 7 mars 2014

L’impact des loisirs des adolescents sur les performances scolaires

Les loisirs ont une influence sur les résultats des élèves


Vaut-il mieux lire, jouer aux jeux vidéo ou regarder la télévision ? La réponse dans ces quelques lignes. Prenez le temps de consulter cet extrait d’article... édifiant !


La DEPP (Direction de l’Évaluation, de la Performance et de la Prospective - une direction faisant partie du Ministère de l’Éducation Nationale) a mené une enquête auprès d’un échantillon représentatif de 27 000 adolescents français en classe de 3ème de collège (14 ans et demi).


Les conclusions nous amènent finalement à nous poser des questions sur ce que font les adolescents pendant leur temps libre et sur les conséquences qu’il peut y avoir sur leurs résultats scolaires...


Voici un extrait de l’article (qui s’appuie sur cette étude) publié sur le site des "Cahiers Pédagogiques" en lien ici :


(les éléments les plus importants ont été mis en gras et en couleur)


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(...)

Quel est l’impact des loisirs numériques sur les performances scolaires et cognitives ?


Les résultats montrent clairement les loisirs positifs ou négatifs pour les performances cognitives scolaires. La lecture est la plus bénéfique, puisque les changements liés à une pratique fréquente sont favorables à tous les tests, notamment à la compréhension (+10%) et surtout à l’acquisition de connaissances (+20%). Les jeux vidéo n’ont pas d’influence, et notamment, on remarque qu’il n’y a aucune amélioration pour le raisonnement, ce qui infirme l’hypothèse de transfert de la pratique des jeux vidéo sur l’intelligence fluide, comme l’ont supposés certains chercheurs. A l’inverse, jouer aux jeux vidéo (action, combat, plateforme) n’a pas non plus d’incidence négative. Téléphoner très souvent a une incidence mais faible, sauf pour l’acquisition des connaissances de ceux qui téléphonent (ou envoient des SMS) (-10 %). Mais c’est le visionnage très fréquent des programmes de téléréalité (et également les séries romantiques) qui a l’impact le plus négatif sur les performances cognitives et scolaires, de -11 % pour les maths à -16 % pour les connaissances.


Quand on contraste la pratique fréquente de certains loisirs, on s’aperçoit que leur influence n’est pas négligeable. Ainsi, si l’on compare le visionnage de programme de téléréalité à la lecture de romans (policiers ou de littérature), la différence est de 35 % pour les connaissances scolaires (mémoire encyclopédique) ce qui correspond à plus d’un tiers de la note. Traduit en note scolaire traditionnelle, un élève moyen (10/20) qui lit beaucoup aurait une note de 14 sur 20 (+20%) alors qu’un élève qui est «  accro  » à la téléréalité aurait 8,4 sur 20 (-16 %).


Dans l’ensemble, la majorité des loisirs, comme les jeux vidéo, n’a pas ou peu d’influences sur les performances scolaires et cognitives, ce sont des loisirs qui permettent la détente, ou l’expression des dimensions affectives et sociales des élèves (téléphone, sms). Mais la pratique trop fréquente de la télé (ou vidéo sur ordinateur) est associée à de moindres performances. A l’inverse, la lecture est bénéfique. Pourquoi ? La raison principale en est la richesse de vocabulaire. Hayes and Ahrens (1988 ; Cunningham & Stanovich, 1998) ont montré un nombre de 1 000 mots différents en moyenne dans des livres mais jusqu’à 4 000 mots différents dans des magazines scientifiques. Même le vocabulaire de bandes dessinées (867) est plus riche que celui d’émissions populaires en prime time pour les adultes (598 mots). Ces chiffres sont mêmes faibles par rapport aux manuels scolaires qui comptent jusqu’à 6 000 mots en plus du vocabulaire courant en 6e et jusqu’à 24 000 en 3e, niveau scolaire des élèves de notre étude (Lieury, 2012). En conclusion, oui aux loisirs numériques à dose raisonnable, mais l’école reste la vraie source de stimulation du cerveau.


(...)


Alain Lieury
Laboratoire de psychologie expérimentale, (CRP2C, EA 1 285), université Européenne de Bretagne (Rennes2)


Sonia Lorant
Laboratoire interuniversitaire des sciences de l’éducation et de la communication (LISEC, EA 2310), Université de Strasbourg, (IUFM d’Alsace)


------------------------Fin de citation-------------------------


F. Polidoro, Principal adjoint